Le Maire
24ème saison de la scène de Boulazac mais première saison labellisée au titre de pôle national cirque, l’Agora fait désormais partie des 5 établissements nationaux d’Aquitaine. Boulazac devient ainsi l’une des 10 villes concernées par cette reconnaissance. S’il faut rappeler le rôle moteur joué par l’Etat-Drac Aquitaine dans la mise en place de cette politique publique structurante, il faut également souligner la volonté partagée de la Région Aquitaine et du Département de la Dordogne de s’associer à ce mouvement, unique en Dordogne. Dans le même temps, la communauté de communes Isle-Manoire en Périgord conventionne depuis 2010 l’Agora autour d’un projet culturel global et décentralisé ; et si le cirque trouve naturellement sa place dans les espaces publics de qualité de ce territoire, le théâtre et les musiques font dorénavant partie des interventions traditionnelles et attendues d’Agora en Isle-Manoire. Je salue ici la capacité du centre culturel Agora à mettre en perspective - et avec une même volonté - un projet ambitieux de soutien à la création et une attention particulière portée à notre territoire et à ses habitants.
Jacques AUZOU
Maire de Boulazac, Vice-Président du Conseil Général
Le Directeur
Nous devrions nous réjouir ; le cirque, (très) jeune ayant-droit des politiques publiques de la culture peut entrevoir quelques perspectives de développement, notamment à travers la (toute) nouvelle constitution d’un réseau de dix Pôles Nationaux des Arts du Cirque. Nous réjouir également que quelques compagnies majeures de la jeune scène circassienne européenne affirment sur les pistes et les plateaux leur attachement à la création, à ce nouveau vocabulaire des corps et de l’esprit (Bory, GdRA, …) et que d’autres puisent avec bonheur dans la geste essentielle du cirque (Rasposo, Aïtal, …). Mais à y regarder d’un peu plus près, on résistera aisément à la (courte) euphorie institutionnelle due à la labellisation. Rappelons-nous ; pour que le cirque soit évoqué dans les gazettes respectables ou simplement programmé sur les grandes scènes théâtrales, il fallut que cet art fût nouveau. Et nouveau, de fait, il l’est. Ces nouvelles formes aux dramaturgies plurielles, plébiscitées par les publics, ont à voir avec ce qui nous relie : elles nous disent en substance que tout peut peut-être se réinventer. Pourtant, malgré des profits politiques considérables, c’est à la marge qu’il se situe encore. Il ne s’agit pas ici d’enlever aux uns pour donner aux autres ; seule la politique à courte vue se risque à cette comptabilité à la petite semaine. En France et sur la scène d’Agora, les arts voisins, le théâtre, la danse et les musiques sont célébrés plus que jamais. Nous devrions donc tous nous réjouir. Et de fait, pour les acrobates, techniciens, musiciens et comédiens, de nouveaux horizons communs peuvent encore s’écrire. Bien que fragilisés par les prochaines réformes des collectivités et ignorés par les industries culturelles, ils sont spectateurs d’une politique d’investissement volontariste, assistent aux multiples inaugurations d’équipements, d’évènements urbains siglés CCA² ou de ronds points, portant fièrement une œuvre en leur centre. Si Le décorum est connu - ruban tricolore et discours vibrionnant sur l’importance des arts et de la culture -, nul doute que les réjouissances futures ne tarderont pas à les concerner.
FREDERIC DURNERIN





